Mobilités dans « l’entre-villes »

MAÎTRE D’OUVRAGE
PREDIT (MEDDTL)

SITUATIONa
Région Picardie
Région Heilbronn-Franken (Bad-Wurtemberg, Allemagne)

ÉQUIPE
BRÈS+MARIOLLE et associés
IPRAUS, AUSSER

PROGRAMME
Mobilités dans l’ « Entre-Villes »
Une comparaison franco-allemande

 

Problématique

Peut-on vivre dans les espaces de faible densité sans dépendance automobile?
Comment les mobilités alternatives au « tout automobile » peuvent-elles transformer l’organisation territoriale, la répartition des services, des équipements, des morphologies spatiales ?
En effet, même si la domination de l’automobile apparaît incontestable dans ces espaces, les questions portant sur les alternatives réalistes à son usage exclusif et individuel apparaissent légitimes, à partir du moment où seraient pris en compte une certaine efficacité et un vrai confort de déplacement par les modes « actifs » (marche à pied et bicyclette) et de rabattement sur les transports collectifs, mais également le développement des pratiques partagées du véhicule individuel.
Cette recherche s’appuie sur une comparaison entre des échantillons de territoire français et allemand, « prélevés » en région Picardie et dans le Land de Bade-Wurtemberg : les « carrés » picard et franconien.

Descriptif

A partir de l’étude de la répartition de la population (granulométrie) et des services, une analyse fine de l’organisation des Carrés a été menée. Deux aspects conditionnent la compatibilité entre dispersion et accessibilité aux services :
– leur répartition au sein du système territorial ;
– l’aménagement des liaisons entre agrégats bâtis et pôles de services de différentes classes (services quotidiens, intermédiaires, rares).
C’est sur ces deux aspects que des différences ont été constatées dans l’organisation interne des deux « carrés ». Ainsi, en Allemagne, les services sont répartis de manière plus concentrée et strictement hiérarchisée, à la suite notamment du regroupement des communes qui y a été encouragé durant les années 1970. Il s’est accompagné de l’aménagement des parcours dédiés aux modes actifs.

Deux prélèvements « d’Entre-Villes »

– une comparaison entre deux échantillons de territoire de 50x50km français et allemand : les « carrés » picard et franconien ;
– le Carré picard, partie prenante d’une région relativement pauvre mais en croissance démographique, anciennement industrielle, avec un taux de chômage important, des documents de planification peu contraignants ;
– le Carré franconien, situé dans le Bade Wurtemberg, un Land riche où se concentrent d’importantes industries métallurgiques et mécaniques, avec une croissance démographique faible, un taux de chômage bas, des documents de planification volontaristes qui se sont appuyés sur des projets de transport très innovants, notamment dans l’orbite de Karlsruhe.

Une organisation et des pratiques qui associent distance et proximité
Un des enseignements qui ressort de l’approche morphologique de ces deux échantillons d’Entre-villes est la spécificité, en même temps que la similitude, de leur configuration territoriale héritée du rural. Elle pose d’une manière originale la question de la proximité : nombre d’agrégats de différents types (hameau, village, bourg ou petite ville), faible distance moyenne qui les sépare (un peu plus d’un kilomètre), « granulométrie ». Elle remet en cause toute réduction de ces territoires à la notion d’« étalement urbain » qui en a trop souvent occulté le caractère singulier.
Concernant les relations domicile – travail au sein de ces deux territoires, ce sont les trajets de courtes distances qui restent largement majoritaires. En effet, le phénomène de dispersion de l’urbanisation ne concerne pas uniquement l’habitat mais également les emplois.

La planification régionale comme outil de réagencement soutenable de l’Entre-villes

La question de la planification apparait comme fondamentale pour maîtriser l’aménagement de l’Entre-villes, qu’il s’agisse de son évolution en termes de développement, de restructuration ou tout simplement de maintien, face à l’épuisement annoncé des ressources d’énergie fossiles. La comparaison des outils de planification révèle de grandes différences en Franconie et en Picardie.
– En Franconie, la planification régionale est une vraie tradition avec la mise en place d’outils très coercitifs en termes d’usage du sol ;
– En Picardie, la planification supra-communale est récente. Les SCOT ont été mis en place depuis moins d’une décennie et les échelons territoriaux se multiplient entre la commune, l’intercommunalité, le Département et la Région.
Quelques évolutions territoriales peuvent se lire à travers ce différentiel de culture et de pratique de planification, actuellement en faveur de la Franconie : une plus grande adhérence de l’urbanisation au réseau ferroviaire, notamment aux gares en adéquation avec une répartition des services, une forte densité du réseau viaire qui se trouve adapté dans son usage et sa hiérarchisation pour promouvoir les mobilités actives, et enfin une réflexion approfondie sur l’implantation et la conception des nouveaux quartiers.